Dans la tech, repenser notre rapport au temps – L’expérience d’Albane Fagot-Veyron pour sa conférence à Devoxx France 2026 

Deadlines, sprints, priorités, sollicitations permanentes… tout semble toujours s’accélérer dans la tech, comme ailleurs. Mais derrière cette course quotidienne se cache une question plus intime et plus profonde : quel rapport entretenons-nous réellement avec le temps ? 

C’est précisément le sujet qu’Albane Fagot-Veyron a choisi d’explorer dans sa conférence « Et si on débuguait notre rapport au temps », présentée lors de Devoxx France, un événement de référence pour les communautés tech, qui s’est déroulé en avril dernier. À travers cette prise de parole, elle interroge nos rythmes de vie, notre tendance à remplir chaque instant, et les effets de cette accélération continue sur notre équilibre individuel comme collectif. 

À son retour de l’événement, elle revient pour nous sur la genèse de cette conférence, les constats qui l’ont nourrie, et le message essentiel qu’elle souhaite transmettre : réapprendre à faire de la place au vide pour retrouver un rythme plus soutenable. 

Pour commencer, peux-tu revenir sur ton parcours ?

Je viens du monde de l’astrophysique et de la recherche, qui était un rêve d’enfant. En avançant dans mes études, j’ai compris que je n’en ferais pas mon métier sur le long terme, mais cette culture de la recherche est restée très ancrée dans mon parcours. Je me suis ensuite tournée vers l’innovation, c’est là que j’ai découvert l’agilité. Ma seconde vie professionnelle a donc démarré dans le change, d’abord comme coach Agile, puis comme coach professionnelle. C’est au cours de cette seconde vie professionnelle que j’ai intégré les équipes de BPCE Solutions informatiques, en 2026 en tant que coach Agile.  

Je suis quelqu’un de très curieux, à l’image de mon parcours un peu “atypique” dans la tech : j’aime creuser les sujets qui ont un impact concret sur notre quotidien, et j’ai la chance de pouvoir développer cette curiosité au sein de mon entreprise en donnant des conférences sur différents événements, en participant à des dispositifs d’expérience collaborateurs. Et puis parallèle, je suis conférencière depuis huit ans et j’anime aussi un podcast. 

Quel était le sujet de ta conférence présentée à Devoxx ? 

Ma conférence portait sur notre rapport au temps, c’est-à-dire sur la manière dont nous vivons, gérons et ressentons le temps au quotidien. Ce sujet peut sembler très personnel, mais il est en réalité beaucoup plus large. Il interroge aussi les rythmes qui structurent nos vies, dans nos organisations comme dans la société. Aujourd’hui, beaucoup de personnes expriment une forme d’épuisement, le sentiment de courir en permanence et de ne jamais avoir assez de temps pour elles. C’est cette réalité que j’ai voulu questionner. 

Comment cette idée est-elle née ? 

Cette réflexion s’est construite à partir de trois éléments. Le premier est très personnel : je me suis rendu compte que je souffrais moi-même de mon rapport au temps, avec des cycles d’intensité puis d’épuisement. Le deuxième, c’est que j’ai compris que je n’étais pas la seule. En tant que consultante, j’ai vu beaucoup d’équipes courir, s’adapter en permanence et finir par s’user dans ce rythme. Enfin, il y a eu cette véritable opportunité lorsque les organisateurs du TEDxEMLYON m’ont proposé d’intervenir sur le thème « Sur un fil ». C’est à ce moment-là que j’ai commencé à approfondir ce sujet, avant d’en faire un sujet de conférence à part entière. 

Quelle est l’idée clé que tu aimerais que le public retienne ?

Il y a pour moi deux enjeux principaux. Le premier, c’est d’inviter chacune et chacun à faire un pas de côté et à se demander : est-ce que mon rythme me convient vraiment ? Le second, c’est d’ouvrir des pistes d’action. Même si le problème est en grande partie systémique, il existe aussi des leviers individuels pour retrouver un rythme plus soutenable. 

S’il fallait retenir un message, ce serait celui-ci : il faut se recréer des moments de vide. Aujourd’hui, nous remplissons tout. Le moindre temps d’attente devient un moment occupé, souvent par notre téléphone. À force, cela surcharge notre cerveau et nous éloigne de l’instant présent. Mon message central, c’est donc de s’accorder au moins cinq minutes de vide par jour. Cela peut sembler simple, mais c’est un vrai exercice : s’arrêter, regarder autour de soi, laisser venir ses pensées. C’est souvent dans ces moments-là que naissent les meilleures idées, parce qu’ils laissent de la place à la créativité. 

Pourquoi porter ce sujet dans un événement comme Devoxx ?

Devoxx permet de toucher un public très large dans l’univers de la tech, et c’est important pour moi car ce sujet a presque une dimension militante. C’est aussi un environnement où l’IA prend une place de plus en plus importante dans les métiers. Comme toute transformation, cela ouvre des possibilités, mais aussi des points de vigilance. 

Ce qui me guide avant tout, c’est une conviction positive : nous pouvons collectivement créer des rythmes soutenables. Ce sujet fait profondément écho à mes valeurs. J’ai le sentiment d’agir, à mon échelle, en ouvrant des réflexions utiles. Et lorsque cela résonne chez les personnes qui m’écoutent, cela me redonne aussi beaucoup d’énergie. 

Retrouvez la conférence complète d’Albane Fagot-Veyron à Devoxx France 2026 ici :  

Merci à Albane Fagot-Veyron pour cette interview

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